09/2009
La finance responsable, la preuve par l’exemple
La crise financière a mis en évidence la question de la responsabilité des actionnaires et des investisseurs : peut-on encore prétendre ignorer les conséquences d’une recherche à tout prix du rendement, quitte à scier la branche sur laquelle on est assis ? La réponse à cette question se trouverait dans cette « nouvelle » forme de finance qu’est l’ISR. En associant objectifs financiers et critères extra-financiers, on s’orienterait vers une finance « responsable », consciente de son rôle pour l’économie et des conséquences de son fonctionnement, à moyen et long terme. Mais ces bonnes intentions demandent une transparence accrue, à la fois sur le choix des critères d’évaluation et sur la qualité des informations fournies. En décidant de ce qui est ou non ISR, les investisseurs et les sociétés de gestion d’actifs ont acquis un certain pouvoir sur les sociétés cotées. Sauront-ils s’appliquer à eux-mêmes des principes identiques ? Font-ils preuve de la transparence qu’ils exigent des autres ? Les polémiques récentes sur la rémunération des dirigeants soulignent la perception croissante d’une incohérence entre les principes proclamés, et l’application pour le moins sélective qui en est faite. Pourquoi ne publierait-on pas les rémunérations des principales fonctions d’investissement et de gestion ? Les investisseurs et les sociétés de gestion ont réussi à imposer aux marchés financiers la crédibilité de l’ISR. Les acteurs de la finance n’ont plus qu’à respecter eux-mêmes cette démarche... et ainsi la renforcer.
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