09/2009
Un « cygne noir » sur un lac de certitudes.
Dans son best seller publié en 2008, « Le cygne noir,
la puissance de l’imprévisible », Nassim Taleb, ancien trader libano-américain devenu « philosophe des sciences du hasard », s’attaque aux idées les plus répandues en matière de gestion des risques.
En contestant aux experts leur capacité à prédire le futur, l’auteur nous rappelle le caractère imprévisible des phénomènes. Un « cygne noir » désigne ainsi un événement inattendu, aux conséquences très lourdes et auxquelles on trouve des explications a posteriori. Fondés sur la courbe de Gauss, les modèles d’évaluation des risques des banques auraient écarté ces événements extrêmes -crise systémique, par exemple- du fait de leur caractère trop aléatoire. L’interconnexion des acteurs à l’échelle mondiale démultiplie pourtant leur ampleur, dans la mesure où l’incertitude augmente le mimétisme, conduisant à une situation irrationnelle en dépit de la rationalité des individus (Cf. l’emballement boursier à la suite des attentats du 11 septembre 2001). Encourageant la prise de risques dans certaines conditions, Nassim Taleb fait par ailleurs l’éloge d’un principe de prudence censé éviter l’écueil des logiques rationalisantes a posteriori. Or, malgré le développement des contrôles dans de nombreux domaines (gestion d’actifs, transports, industrie etc.), le capitalisme n’a pas vocation à intégrer une visée morale censée atténuer la faiblesse des modèles mathématiques face au « panurgisme » et au dogmatisme des individus. Dans ces conditions, peut-on envisager que l’approche de la gestion des risques prônée par Nassim Taleb s’intégre dans la réalité politico-économique actuelle ? Frédéric - Euroland Consulting Retour au theme Asset Management
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