03/2010
Parmi ses missions, la CRAMIF (Caisse régionale d'assurance maladie d'Ile-de-France) concourt à la maîtrise des risques professionnels et contribue à la politique régionale de santé. Son service prévention tarification des risques professionnels assure les entreprises du régime général de la sécurité sociale, soit 80 % des entreprises en France.
Les employeurs connaissent mal les coûts moyens engendrés par les accidents de travail et maladies professionnelles :
• accident de travail avec arrêt de travail (2 à 5 jours) : 3 000 euros, • accident de travail avec invalidité > 10 % : 80 000 euros, • accident mortel : 480 000 euros. Les statistiques relatives aux accidents de travail ne montrent pas à ce jour les effets des RPS sur la santé au travail ; en revanche, leur analyse montre nettement les liens avec les conditions de travail. Il y a deux dimensions dans la notion de psycho-social : « psycho », donc les effets sur le mental dans le travail, et « social » qui concerne la relation avec les autres (les collègues, l’encadrement, les clients, etc.), d’où l’importance des collectifs de travail. 6 dimensions de RPS ont été dégagées des travaux du collège d’expertise sur le suivi statistique des risques psycho-sociaux au travail ; chacune de ces dimensions a été étudié et déclinées en 40 indicateurs (rapport de la DARES, DREES, octobre 2009, Indicateurs provisoires de facteurs de risques psycho-sociaux au travail). Les 6 dimensions de risques à caractère psycho-social : • les exigences au travail (qualité, pression temporelle, complexité, charge...), • les exigences émotionnelles (relations avec le public, empathie, contacts avec la souffrance...), • l’autonomie et marges de manoeuvre, • les rapports sociaux et relations au travail, • les conflits de valeur (éthique, qualité empêchée), • l’insécurité de l’emploi. Ces indicateurs servent à comprendre ce qui se passe dans les entreprises françaises sans pour autant nécessairement permettre le passage à l’action de prévention. En termes de prévention, il ressort que les PPT (psychopathologies du travail) sont des pathologies de l’isolement et de l’enfermement auxquelles il faut apporter des réponses adaptées. La communication et la formation permettent de faire circuler l’information sur la démarche de prévention, et de se mettre d’accord dans l’entreprise sur les mots utilisés, et sur la méthode (recours à un intervenant extérieur ou à un groupe de travail,...). Les remèdes sont à rechercher du côté du collectif, avec l’aide d’une démarche structurée et globale, allant du pré-diagnostic à l’évaluation et au suivi du résultat des traitements. Ceux-ci, qu’ils soient d’urgence, palliatifs ou préventifs, nécessitent l’engagement d’une démarche dynamique associant des disciplines complémentaires (Direction, médecin, assistante sociale, DRH, représentants du personnel, CHSCT,...) pour optimiser les actions mises en oeuvre. Les questionnaires utilisés systématiquement par la plupart des consultants comportent de nombreux inconvénients, et ne font que confirmer ce qui était déjà connu dans l’entreprise. L’utilisation de questions ouvertes peut permettre de dépasser le simple aspect statistique en donnant une dimension qualitative à l’enquête. La conception, la méthode, le dépouillement et l’analyse des ces questions ouvertes, nécessitent le recours à un psychologue du travail. L’exemple des transports révèle les principales causes de stress : le problème de la circulation (surtout en Île-de-France)qui aggrave la fatigue et le risque d’accident, les incivilités des usagers de la route, l’agressivité quotidienne de catégories de clientèle des transports en commun, des agressions verbales et physiques, etc. Les moyens mis en place par le groupe d’analyse du travail et le CHSCT de la société de transport ont permis de lutter contre le stress et le sentiment de solitude par des techniques comme la radio localisation, la vidéo surveillance, l’embauche d’un responsable sécurité prévention...
En guise de conclusion : il est devenu difficile d’observer le travail, certaines activités ne sont plus tangibles et il faut passer par la parole des salariés ; il faut souligner l’importance de la pluridisciplinarité synchronisée du pilotage des actions de compréhension, d’analyse et de prévention des RPS. L’idée de considérer les RPS comme une ressource pour l’entreprise et non un risque pourrait être une bonne base de départ dans toute action de prévention primaire. On pourrait avancer aujourd’hui le principe que c’est plutôt « la parole des salariés qui est souvent considérée comme un risque, alors qu’elle représente une vraie ressource pour l’entreprise ». Les interventions de type « clinique du travail »l’ont montré, soigner le travail sera plus efficace
que de chercher à soigner des milliers de salariés. ![]() Retour au theme Hors serie risques psycho-sociaux
*** Vote for this article : |
Themes
Couts informatiques
Hors série Développement durable
Collectivites territoriales
Risques psycho-sociaux
Hors serie risques psycho-sociaux
Asset Management
Developpement durable
Gouvernance des SI
Conduite du changement
Qualité
Glossaire Download Commentum
Commentum 07 : 'Hors serie risques psycho-sociaux'
|